• Les Echos

En Île-de France, les circuits courts pilier de la relance agricole

Dernière mise à jour : 7 sept. 2021

Pendant le confinement, des producteurs franciliens se sont convertis à la vente directe. Ce marché en pleine croissance intéresse la région Île-de-France, qui base son plan de relance du secteur agricole sur les circuits courts.


« Mon point de vente est à un kilomètre du lieu de production. En termes de valorisation énergétique, c'est le top ! », sourit Vincent Dutorte. Ce maraîcher de Mesnil-le-Roi (Yvelines) a inauguré un point-retrait (drive) en plein confinement pour vendre ses salades, ses fraises et ses pommes de terre. Cette méthode de vente répond aux impératifs écologiques, sanitaires - le client ne touche à rien - et à la demande croissante de produits agricoles locaux.


Pour relancer la filière agricole, la région Île-de-France mise sur l'alimentation locale. Le confinement et la fermeture des frontières accélèrent son retour en grâce. Une aide a été sollicitée par 125 exploitations de la région. Les circuits courts apparaissent comme une des solutions pour pallier la baisse du chiffre d'affaires des éleveurs, producteurs et horticulteurs. « Nous avons constaté notre dépendance aux produits de l'étranger. […] Beaucoup de Franciliens ont redécouvert les points de vente qui les entourent », note Elise Le Marchand, chef de service à la Chambre d'Agriculture d'Île-de-France, qui déploie le programme régional sur le terrain.


Programme alimentaire régional

Début mai, la Région Île-de-France avait rendu public son Programme alimentaire régional destiné à soutenir le secteur agricole. Un million d'euros sera consacré à l'accompagnement des producteurs et consommateurs franciliens séduits par les circuits courts.


« Nous voulons faire en sorte que la rencontre entre les clients et les producteurs se pérennise », explique Alexandra Dublanche, vice-présidente chargée de l'agriculture de la Région Ile-de-France. Fin juin, la collectivité a recensé 142 drive de produits fermiers.

La Région propose une aide au financement de ces nouvelles méthodes de vente (drive, distributeurs, mises aux normes ou extensions de boutiques) pouvant aller jusqu'à 70 % des dépenses des exploitants. Pour en bénéficier, les frais doivent s'élever entre 5.000 euros et 70.000 euros. Cette aide rétroactive concerne surtout les maraîchers et produits élaborés (comme le fromage), touchés par les fermetures des restaurants, des cantines et des marchés. Ces problèmes de distribution concernent 55 fermes franciliennes. La Chambre d'agriculture leur a proposé quatre solutions de commercialisation.


Accompagner clients et producteurs

Face à la demande croissante de produits locaux, la Région veut donner de la visibilité aux produits du terroir. Les producteurs sont invités à se signaler pour vendre sous la marque « Produit en Île-de-France ».


La Chambre d'agriculture cherche à « trouver des partenaires et des endroits opportuns » pour installer des points de vente, à l'instar des paniers distribués dans les gares SNCF de la région. Elle propose un accompagnement pour la gestion du projet et d'une plateforme internet. A long terme, l'objectif avoué est de compléter l'offre des grandes surfaces.


Pour le maraîcher de Mesnil-Le-Roi, Vincent Dutorte le confinement a concrétisé son projet de drive. Son nouveau point de vente séduit les clients, qui viennent selon lui de « cinq, six kilomètres aux alentours ». « Un seul intervenant de la récolte à la vente, ça rassure », notamment sur les questions d'hygiène, estime-t-il. Depuis, le point-retrait représente 8 % de ses ventes et il a embauché deux salariés chargés du drive.


Par Quentin Boulezaz


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